Ville de Carhaix

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Pose de la première pierre du centre Vorgium, tête de réseau archéologique centre-breton

La cérémonie de pose de la première pierre, organisée par Poher communauté  vendredi 3 mars, en présence des partenaires, financeurs et des entreprises, symbolise le démarrage des travaux du centre d'interprétation archéologique virtuel Vorgium, dont l'ouverture est prévue au printemps 2018.    

Au centre de la photo, le Maire et Président de Poher communauté, Christian Troadec, pose la première pierre du centre d'interprétation archéologique virtuel Vorgium, entouré, à droite par le Sous-Préfet Bernard Musset et, à gauche, par les deux anciens Maires Jean-Pierre Jeudy et André Le Roux, tout un symbole.

Cette première pierre d'u centre résolument tourné vers le futur est scellée sur des fondations de près de 2000 ans. Ce projet de valorisation a mis près de vingt ans à voir le jour.
«Je sais combien nous sommes nombreux ici à être satisfait de l'épilogue de ce dossier engagé au moment de l'acquisition de ce terrain par la municipalité d'André Le Roux en 1995», a souligné Christian Troadec.
«Les relations entre la Ville et l'archéologie n'ont en effet pas toujours été simples. Des amours tumultueuses pourra-t-on même dire. Durant longtemps, l'archéologie et les vestiges ont bien souvent gêné, empêché, voire interdit les projets de construction des Carhaisiens. Donnez un coup de pioche dans le sol de Carhaix et vous êtes certains de tomber sur des vestiges !»
C'est ce qui est arrivé, en 1995, lors du projet de création d'une salle de spectacle, l'actuel Espace Glenmor. Devenue inconstructible, Cette réserve archéologique de 8 000 m2 fait l'objet de fouilles programmées de 2000 à 2006 par l'Inrap, sous l'égide de la Drac. Ces fouilles ont révélé un quartier commerçant de la ville antique, témoin de l'organisation urbaine de la vie d'une capitale de cité à l'époque gallo-romaine et de ses 10 à 15 000 habitants (lire ci-dessous).

Partenariat avec le MAV italien

« La grande difficulté, malgré la qualité des vestiges, a été de trouver l'idée qui permettrait de rendre ce site très attractif». D'où un partenariat avec le Musée archéologique virtuel (MAV) d'Ercolano (Herculanum) en Italie qui emploie les supports multimédia comme vecteurs d'explication et d'interprétation. Du 11 avril au 15 mai 2016, l'Espace Glenmor a ainsi accueilli «En attendant Vorgium...», exposition virtuelle temporaire prêtée par le MAV. Avec 5 765 visiteurs venus de toute la Bretagne en cinq semaines (dont 1 824 scolaires), l'exposition a connu un véritable plébiscite populaire, preuve de l'intérêt du grand public pour ce type d'outil culturel et touristique. «Ce qui nous conforte dans notre choix pour le futur centre Vorgium».
L'équipement, le premier de ce type en Bretagne, dont l'ouverture est prévue au printemps 2018, constituera à lui seul un élément d'attractivité à part entière dans la mesure où le parti pris de Poher communauté est de s'appuyer sur les nouvelles technologies pour les supports de médiation (lire ci-contre). Il sera le point de départ d'un parcours de découverte des autres sites archéologiques du Pays du Centre Ouest Bretagne, « une tête de réseau. Le centre sera ouvert toute l'année et devrait attirer 25 000 visiteurs par an.» 
A l'unanimité, Françoise Péron, élue du Pays Cob représentant le Conseil départemental, Bernard Musset, Sous-Préfet de Châteaulin, et Emmanuel Tarpin, représentant la CCI métropolitaine Bretagne ouest (délégation de Morlaix), ont d'ailleurs reconnu ce rôle de locomotive qu'occupera Vorgium.

Deux autres projets...

Deux autres projets complémentaires de Vorgium et de la Vallée des saints sont en train de prendre forme pour attirer les visiteurs. La création du Panthéon des plus populaires des Bretons, déjà débuté avec les statues des Soeurs Goadec, se poursuit. Les statues des 4 As bretons, les grands champions cyclistes bretons,  sont en cours de réalisation : Lucien Petit Breton, Louison Bobet, jean Robic et Bernard Hinault.
Autre projet en préparation, celui d'un musée national de l'habitat en Bretagne à Carhaix. Il permettra de poursuivre l'histoire de la vie quotidienne du Moyen âge à nos jours. 

 

Un centre d'interprétation, un jardin archéologique.... explications :

Ce projet consiste à conserver les vestiges de la réserve archéologique mis au jour, à les valoriser et à les interpréter par des dispositifs de médiation à l'attention du grand public et des scolaires.    

L'accessibilité

Le projet comprend un centre d'interprétation de 200 m2 accessible aux personnes à mobilité réduite présentant le patrimoine archéologique de Carhaix et du territoire, constituant l'offre permanente de l'équipement, ainsi qu'un parcours d'interprétation paysager des vestiges. Il y aura aussi un plateau d'expositions temporaires mis à disposition des acteurs du territoire.
L'espace, d'une superficie totale de 8 000 m2 dont 5 000 m2 aménagés, comprendra :
 

Un centre d'interprétation

Réalité augmentée, hologrammes, tablettes numériques et grands écrans tactiles permettront aux visiteurs de s'immerger dans le quotidien des habitants de la cité antique de Vorgium et de son allée commerçante.
Ce bâtiment de 200 m2 proposera neuf dispositifs scénographiques au public  :
> La conquête romaine de la péninsule armoricaine (3 séquences : la Gaule avant la conquête, la conquête et la Gaule armoricaine),
> Quand Carhaix s'appelait Vorgium : organisation de la ville antique (réseau orthogonal des rues de la ville antique et bâtiments : forum, théâtre, thermes et habitations),
> Visite d'une domus et d'une maison atelier : présentation des différentes fonctions des pièces et activités associées (sphère privée et publique,
ateliers boutiques et présentation des artisanats et métiers),
> Décorez votre domus (décoration d'un triclinium = salle à manger d'une riche domus),
> Un repas à Vorgium - reconstitution d'une cuisine gallo-romaine,
> L'eau courante à Carhaix - reconstitution de l'aqueduc en réalité augmentée,
> Le fonctionnement des thermes et du chauffage par hypocauste,
> Les jeux,
> En conclusion : projection d'un film sur grand écran sur l'histoire de la Bretagne et invitation des visiteurs à découvrir les autres sites touristiques en lien avec l'archéologie en Bretagne. Les spectateurs seront installés sur des gradins.

Un jardin archéologique

La réserve archéologique de Carhaix est située au sud-ouest du centre-ville. Ce quartier commerçant gallo-romain est très urbanisé à l'époque romaine.
Il s'organise autour d'un axe majeur orienté est-ouest (le decumanus). La présence d'une fontaine et l'usure de la chaussée supposent une
fréquentation importante entre le Ier et le IVème siècle de notre ère.
La fouille de la réserve archéologique offre deux beaux exemples de constructions imposantes (domus) qui intègrent des portiques de façades donnant accès à des commerces.
L'habitat du maître des lieux se trouve en retrait et dispose d'éléments de confort : chauffage par hypocauste et pièces thermales.
Il n'est pas impossible que des logements indépendants aient été loués au-dessus des boutiques. Dans ces domus, les pièces qui bordent la rue accueillent des personnes étrangères à la maisonnée du propriétaire, comme des commerçants, des clients, ou des locataires.
Un parcours sur tablettes ou casques immersifs avec restitution 3D en réalité augmentée sera proposé au public. Huit stations, matérialisées et confortées par des pupitres, jalonneront le parcours et les différents points d'intérêt. Ils indiqueront la dénomination de chaque vestige remarquable, et en proposeront une brève description illustrée.
 

 

Quand Vorgium comptait près de 15 000 habitants

En 56 avant J.-C., Jules César envahit la Gaule et, désireux de contrôler les relations maritimes avec l'île de Bretagne, s'oppose aux Armoricains. Le successeur de César, Auguste, réorganise le territoire gaulois en quatre provinces (la Lyonnaise, la Belgique, l'Aquitaine et la Narbonnaise) et dote chaque cité d'une capitale et d'une curie, assemblée de notables en charge des affaires publiques.
Dans la cité des Osismes, les Romains découvrent, sur un plateau au bord de l'Hyères, un site propice à témoigner de la puissance et de la grandeur de Rome et y fondent la ville de Vorgium.
Le statut de capitale de cité des Osismes est reconnu à Vorgium, alors centre névralgique du territoire, au même titre que Rennes, Vannes ou Corseul. Les Osismes disposaient du territoire le plus vaste et le mieux urbanisé de l'Armorique. Entre le Ier et le IVeme siècle, on estime la population entre 10 000 et 15 000 habitants.

Une ville prospère
Paix relative, échanges commerciaux de plus en plus denses..., Vorgium prospère. Preuve d'une urbanisation réussie et indice d'accroissement démographique : les notables font entreprendre la construction d'un premier aqueduc souterrain vers la fin du Ier Siècle. Sous la dynastie des Sévère, à partir de 180, la ville est dotée d'un nouvel aqueduc qui triple les capacités du précédent. D'une longueur de 27 km, d'une portée de 6000 m3/jour, il franchit la vallée de Kerampest située à l'entrée de l'agglomération par un pont d'1 km de long, porté par 120 arches environ, pour atteindre un castellum divisiorum installé dans les quartiers nord-est. Ces réalisations de prestige s'accompagnent de la mise en place d'un réseau d'adduction et d'un système élaboré de tout à l'égout. Signe ostentatoire de l'intérêt porté à la cité osisme et du souci d'y affirmer sa munificence, l'édification de ces ouvrages a sans doute été rendue possible par une bienveillance impériale. L'intervention de l'empereur était nécessaire pour supporter les difficultés logistiques et le coût faramineux d'un tel programme édilitaire.

 
 
 

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