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Archéologie - Un chantier de fouilles à Goassec'h en août

Un champ situé à Goassec'h pourrait bien abriter l'un des plus importants cairns bretons du néolithique. Florian Cousseau, chercheur à l'université de Genève, lance un chantier de fouilles archéologiques programmées cet été. Du 29 juillet au 17 août, une quinzaine de spécialistes et d'étudiants en archéologie creuseront le sol, à la recherche des traces du passé. Des visites du chantier seront organisées en partenariat avec le centre d'interprétation archéologique virtuel Vorgium.

De gauche à droite : Clément Perrichot, directeur du centre Vorgium ; Florian Cousseau, chercheur à l'Université de Genève ; Christian Troadec, maire de Carhaix ; Serge Couteller, adjoint à la culture et à la vie associative ; Loïc Lucas, proprétaire du champ et sa fille.

«  Si jamais nous obtenons de bons résultats, nous sommes là pour dix ans », prévient Florian Cousseau. Loïc Lucas, agriculteur propriétaire du champ, n'en revient toujours pas. À Goassec'h, son champ, qu'il met à disposition une fois l'an pour servir de parking aux festivaliers des Vieilles Charrues, pourrait abriter un monument d'envergure.
Dans ce champ tout en pente, une belle butte rocailleuse surmontée d'un noble chêne centenaire attire l'oeil. « Elle fait 100 m de long sur 30 m de large et environ 1,50 m de hauteur. Nous voyons une multitude de pierres affleurer, il s'agit d'un endroit façonné par l'homme, c'est une certitude », explique le chercheur genevois d'origine française. En Fin 2016, Florian Cousseau a décroché une thèse à l'Université de Rennes I sur les architectures mégalithiques bretonnes et spécialement celles du Finistère Nord. Il a travaillé sur le monument de Barnenez et celui de Landéda. Les mégalithes, il connaît, il sait les repérer. « Élodie Guézennec, animatrice des Mémoires du Kreiz Breizh, m'avait parlé de ce site alors que je préparais ma thèse. Il n'a encore jamais été fouillé, juste une tentative dans les années 40 qui n'a pas abouti. Pour l'instant, nous n'avons aucune indication de datation, que des hypothèses. Tout va se jouer cet été. »
Pour le spécialiste, cette butte daterait du Néolithique, c'est-à-dire une période située vers - 4500 avant JC marquée par l'arrivée des premiers agriculteurs dans l'Ouest de la France et le début du mégalithisme (- 5000 à - 2500 avant JC). « Vous avez un dolmen sur la route de Motreff qui correspond à une allée couverte. »
Les dolmens, ces grosses pierres qui se dressent vers le ciel, sont en fait ce qui reste d'un monument plus important : le tumulus, construit tout autour en terre et en pierres sèches. Les petites pierres sèches ont souvent servi, les siècles suivants, pour d'autres constructions, mais les dolmens sont restés. «  Et bien un cairn est un tumulus construit uniquement avec des pierres. Et ce site en serait un étant donné toutes les pierres qui affleurent. Il marque un lieu bien particulier. »

De premiers relevés géophysiques encourageants


De par ses dimensions, le site carhaisien est plus grand que celui de Barnenez (75 m). « On connaît très bien ce type de monument sur le littoral breton, mais nous en avons très peu en Centre-Bretagne. Il y a dix ans, un chantier de fouilles préventives a permis de mettre au jour un cairn à Saint-Nicolas-du-Pelem. Il y a un autre site à Saint-Thois. Celui de Goassec'h pourrait être un monument très important pour l'Ouest de la France et de l'Europe. »
Début juin, le post-doctorant est venu sur place avec John Nicholls, de la société Target, pour de la prospection géophysique grâce à un quad muni de capteurs.
Le relevé magnétique a permis de distinguer les emplacements de deux enclos situés contre la quatre voies et qui seraient liés à des habitations ou enclos funéraires. Un autre enclos est également visible à l'une des extrémités de la butte.
Le radar a permis d'entrevoir des tâches noires qui peuvent indiquer une chambre funéraire à l'autre extrémité de la butte. «  Ces résultats sont déjà très bons et ouvrent de bonnes perspectives. »

Trois visites guidées au départ de Vorgium


Pour les conforter, ils seront une quinzaine à creuser le sol de la butte ouvert en deux grandes bandes de 3 m de large sur 40 m de long. « Nous fouillerons à 50 cm de profondeur pour déterminer ce qui structure la butte. » Il y aura des étudiants de Genève, de Nantes, de Lorient... Ces fouilles programmées font partie d'un projet de recherches, elles seront donc financées par le Ministère de la Culture, le Conseil départemental du Finistère et la Région Bretagne. Les curieux désireux de suivre l'avancée des fouilles pourront profiter de visites guidées, version randonnée, au départ à pied de Vorgium à 16h30, les 31 juillet, 7 et 14 août.
 

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