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Prix du Roman de la Ville de Carhaix : Fabienne Juhel, lauréate avec "Les oubliés de la lande"

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Le « Prix du roman de la ville de Carhaix » a été créé en 1999 et récompense chaque année un roman dont l'auteur est breton ou bien réside dans l'un des cinq départements bretons. Ce prix est doté d'une somme de 1 500 euros remis dans le cadre du « Festival du livre en Bretagne ».
Pendant le festival, comme chaque année, des élèves des lycées Paul Sérusier et Diwan de Carhaix animeront un café littéraire avec le lauréat, ouvert au public (le samedi 26 octobre 2013 à partir de 14h00). Cette année, la rencontre sera transmise en direct sur Radio Kreiz Breizh.


Lauréat 2013  : Fabienne JUHEL
pour son roman Les oubliés de la lande (2013, Editions Rouergue)

Éléments biographiques


Fabienne Juhel a grandi sur un tertre, au milieu des bois, entourée de plumes de gibiers, d'animaux sauvages et de  mégalithes. Bois qu'elle parcourt aux heures où les renards font leurs petites affaires alentour. Cette atmosphère imprègne fortement son univers romanesque.
Après un doctorat de Lettres obtenu en 1993 sur le poète des Amours jaunes, Tristan Corbière, elle enseigne actuellement les Lettres dans un lycée des Côtes d'Armor, près de Saint-Brieuc, après avoir été chargée de cours à l'Université de Rennes 2 pendant dix ans.
La Verticale de la lune, son premier roman, paru chez Zulma en 2005, est remarqué pour son onirisme et sa poésie.
En 2007, paraît aux Éditions du Rouergue dans la collection La brune, Les Bois dormants. À l'angle du renard, son troisième roman, sorti en janvier 2009 chez le même éditeur, obtient le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs et le Prix Émile Guillaumin. On parlera à son propos de « thriller du monde rural »...
Sur une proposition de Gérard Alle, un roman du cycle « Les enquêtes de Léo Tanguy », Damned, est sorti aux éditions Coop Breizh en avril 2010.
Toujours chez Le Rouergue, Les Hommes Sirènes en 2011, « une réflexion singulière sur la condition humaine, sa part de lumière et de barbarie ».
Enfin, Les Oubliés de la lande, « une remarquable réflexion sur le sens de la vie, ce temps compté qui donne tout son prix aux instants vécus. », dixit l'éditeur.
Quand Fabienne Juhel n'écrit pas, elle entretient son jardin et s'occupe de ses chats.

Résumé de la 4ème de couverture


C'est un endroit si isolé qu'aucun chemin n'y mène. Une contrée sauvage qu'aucune carte ne mentionne. C'est un village sans nom. Un trou noir. Ils sont une trentaine à vivre là, oubliés dans la lande. Tous ont une bonne raison de s'y être réfugiés. Il y a ceux qui craignaient la mort. Ceux qui ne pouvaient imaginer leur vie sans l'homme qu'ils aimaient. Et les autres, aux motivations moins avouables. Mais cette quiétude éternelle va être foudroyée, le premier jour de l'été. Tom, l'unique enfant de la communauté, fait une découverte macabre : le corps d'un inconnu, aux portes du village. Il a déjà été témoin d'autres événements inexplicables. Quelqu'un aurait-il réveillé les vieux démons ?
Dans son cinquième roman, Fabienne Juhel mène l'enquête avec une redoutable efficacité, fouillant le passé de chacun de ses personnages pour en dévoiler les plus funestes secrets. Roman à suspense, Les oubliés de la lande nous offre une remarquable réflexion sur le sens de la vie, ce temps compté qui donne tout son prix aux instants vécus.

Ce qu'en pense le Jury...


Ce prix du Roman de la ville de Carhaix tient profondément à coeur à Fabienne Juhel. La raison pourrait en être que le palmarès de ce prix donne dans le haut de gamme, tant par la reconnaissance accordée à des talents affirmés que par l'attention portée sur de jeunes auteurs, voire sur des premiers romans. Prix de confirmation et de découverte donc. Voilà qui sied au mieux à Fabienne Juhel née en 1965 dans le Pays de Quintin, pays gallo et bretonnant, alliant ses lieux-dits de la Ville-Juhel à Kernanouët, de la Belle-Issue à Garz an Cloarec... Ville Juhel ? Hé oui, ya vat, Fabienne a choisi son nom d'écrivain dans sa terre charnelle. Et depuis son premier roman, La Verticale de la lune (2005) aux Oubliés de la Lande (2012), elle n'aura cessé d'imposer son talent aussi tôt reconnu et un style qui n'appartient qu'à elle, reconnaissable entre tous.


Ses titres d'abord, mystérieux et captivants . La Verticale de la lune, A l'angle du renard, Les hommes sirènes ou Les Bois dormants, Les Oubliés de la lande. Un monde-Juhel avec sa puissance nocturne, ses lieux et ses animaux de prédilection, renard, loup, sanglier. Ses dédicataires, ensuite. Amis mais aussi famille : grands-mères, mère, soeur, nièce et par deux fois, le père « faiseur d'histoires » ou découvreur pour sa fille conteuse, raconteuse, romancière (Les Oubliés de la lande). Peut-on parler d'un clan Juhel comme on peut évoquer un clan Hélias ? La Ville-Juhel et la Bretagne deviennent alors comme l'omphalos grec, la pierre sacrée de Delphes, le centre du monde.
Un style. Phrase sèche ou longue période. Pureté classique vivifiée de bretonnismes. Des mots possédant un corps, une odeur, un accent. Un mélange de réalisme et de surnaturalisme comme dans les chants populaires en breton ou en gallo. Une mise en forme du monde-Juhel. Après tout, Fabienne Juhel sait écrire, comme elle le dit, « du point de vue des goélands », aussi bien qu'elle parle renard...


De quoi nous parle-t-elle ? De l'enfant, de l'homme, termes génériques que vient habiter un prénom, un nom parfois, dénominations incertaines... Rêves et obsessions d'une petite fille ou d'un solitaire perdu au milieu des gens mais trop bien accordé à sa nature : un renard prédateur. Les romans de Fabienne Juhel passent parfois du conte au thriller, à moins qu'il ne s'agisse d'une condition tragique de l'existence héritée du théâtre grec. Elle nous parle encore du noir des corps et des âmes : ces « bois » dans lesquels se perd la conscience d'une jeune femme rongée par une tumeur au cerveau, ou bien des appendices meurtriers du nazisme et des « hommes-sirènes ».
Quel appel, quel chant de l'homme faut-il écouter ? C'est du fond même de la déraison et de la démesure que naît l'espoir, affirme Louis Guilloux. C'est au fond même de la nuit que jaillit une lumière, c'est de « l'exil » que surgit « le royaume » atteste Albert Camus que Fabienne cite en exergue à son premier roman.
Fabienne Juhel sait que malgré tout, en dépit de tout, la beauté existe et qu'elle vivra - ô combien fragile - si les « faiseurs » de mots entretiennent sa petite flamme. Tel est l'écrivain dont la fonction est de dire le monde et de l'enchanter. Alors, le loup et le renard, s'ils ne sont pas sauvés, seront moins perdus. Que le réel croise alors la légende, que Dahut et Morgane clament à la révolte même si les Lavandières de nuit cherchent une victime à endraper...
D'ailleurs, l'Ankou l'avait bien raté ce domaine où le temps n'existe plus pour « Les oubliés de la lande ». On n'y meurt plus, on n'y vieillit pas, on n'y grandit pas non plus. Mais à condition de garder le « royaume » intact, secret, de n'en pas sortir... Seul, l'idiot du village, Edern, parvient à passer d'un monde à l'autre. Normal pour Edern, portant le nom du dieu celte lié au royaume des morts avant d'être sanctifié et d'avoir sa paroisse à Lannedern dans les Monts d'Arrée. Mais même dans le pays des merveilles, l'homme reste l'homme. L'enfant sauvera-t-il la « lande oubliée » ?
Au lecteur de découvrir la réponse, pour vivre les mots charnels d'une belle aventure contée, pour s'émerveiller au royaume du livre, avant de retourner à l'exil du quotidien...
Mais puisqu'il nous est donné le droit de vivre dans un monde et dans l'autre, le lecteur pourra revenir au pays de Juhel, écouter Fabienne la faiseuse d'histoires, cette Bretonne à l'écoute des mondes, qui vit à la verticale des mots et à l'angle de l'humain pour que ne soient pas oubliées ni perdues dans la détresse des landes ou des bois de l' éternel sommeil la plus infime présence, la plus menue parole qui portent « nostalgie d'amour/et soif et faim de tendresse » comme l'espérait Xavier Grall.


Yannick PELLETIER
Membre du jury du Prix du Roman de la Ville de Carhaix.

 

Les lauréats depuis 1999


1999 : Yvon INIZAN - Ailleurs exactement (Aigues-Vives, HB éditions)
2000 : Bernard GAREL - Mines flottantes (Ramsay)
2001 : Jacques JOSSE - Café Rousseau (La Digitale)
2002 : Soazig AARON - Le non de Klara (Maurice Nadeau)
2003 : Marie LE DRIAN - Ça ne peut plus durer (Julliard)
2004 : Cédric MORGAN - Le Bleu de la mer (Phébus)
2005 : Arnaud LE GOUËFFLEC - Basile et Massue (L'Escarbille)
2006 : Marie-Hélène BAHAIN - L'arbre au vent (Diabase)
2007 : Sylvain COHER - Fideicommis (Naïve Editions)
2008 : Françoise MOREAU - Jamais de la vie (Diabase)
2009 : Tanguy VIEL - Paris-Brest (Les éditions de Minuit)
2010 : Hervé JAOUEN - Ceux de Ker-Askol (Presses de la Cité)
2011 : Gaël BRUNET - Tous les trois (Editions du Rouergue)
2012 : Claire FOURIER - Les silences de la guerre (Editions Dialogues)
2013 : Fabienne JUHEL - Les oubliés de la lande (Editions Rouergue)

Contacts
Ville de Carhaix - 02 98 99 33 33 - communication@ville-carhaix.com
Festival du livre en Bretagne - 06 61 44 67 72 - festivaldulivre@gmail.com
Brigitte REYDEL (attachée de presse de Fabienne JUHEL) - 01 55 42 63 17 -
brigitte.reydel@lerouergue.com

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