Ville de Carhaix

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Loïc Le Guillouzer récompensé par le Prix du Roman de la Ville de Carhaix pour " Cochinchine "

Le « Prix du roman de la ville de Carhaix » a été créé en 1999 et récompense chaque année un roman dont l'auteur est breton ou bien réside dans l'un des cinq départements bretons. Ce prix est doté d'une somme de 1 500 euros remis dans le cadre du « Festival du livre en Bretagne ».
Pendant le festival, comme chaque année, des élèves des lycées Paul Sérusier et Diwan de Carhaix animeront un café littéraire avec le lauréat, ouvert au public (le samedi 24 octobre 2015 à partir de 10h00). La rencontre sera transmise en direct sur Radio Kreiz Breizh.

Lauréat 2015 Loïc LE GUILLOUZER
pour son roman Cochinchine (2015, Editions Goater, Rennes)

Éléments biographiques

Loïc LE GUILLOUZER a 68 ans, est l'auteur et traducteur de plusieurs romans, nouvelles, chroniques et sénarios. Il a exercé le métier de professeur certifié, puis agrégé d'anglais jusqu'à sa retraite en 2007. Il a également été maire de la commune de Tregastel (22) de mars 2001 à mars 2008.
Depuis les années 60, Loïc Le Guillouzer séjourne régulièrement en Pays Karuk au nord de la Californie. Il se révèle ici dans un roman d'aventures rythmé, attachant et captivant, à cheval sur ses deux territoires de prédilection, la Bretagne et l'ouest américain. Le livre est construit autour d'une intrigue originale qui permet d'alterner réflexion, humour et émotion.

Résumé de la 4ème de couverture

« Au volant de ma voiture, je me remémorais en boucle la une du Siskiyou Daily News. Une seconde m'avait suffi pour l'imprimer à jamais dans ma mémoire, avec cette violence implacable des titres à l'américaine. Je revoyais aussi la photo de Yana dans le journal, méconnaissable ! ...... Elle regardait en arrière, l'oeil hagard au travers de sa longue chevelure, encadrée par deux policiers dont on ne voyait pas le visage, simplement le badge bien en évidence sur leur chemise. Je savais déjà que je serais incapable d'ouvrir à nouveau le fichier en question, surtout pas sur mon ordinateur, avec son écran de vingt sept pouces, de quoi faire des cauchemars ! »

L'histoire : Depuis son séjour à Scott Bar en Californie du Nord, sur les traces de son ancêtre chercheur d'or, l'écrivain Pierrick Colé est à la recherche d'un nouveau souffle dans sa campagne bretonne autour d'Yffiniac. En pleine dédicace à la Foire aux Poulains de Plaintel, il reçoit un message laconique sur son smartphone, l'exhortant à retourner d'urgence chez les Indiens Karuk. De son Penthièvre natal aux grands espaces des montagnes californiennes, en passant par les maisons closes du Nevada, le jeune homme aura à coeur de mener à bien la mission particulière
qui lui est confiée. Il deviendra le pivot d'une gigantesque cochinchine1 (1), ponctuée de rencontres inoubliables et d'incursions musicales sur fond de reconquête de leur autonomie par les Indiens Karuk.

Ce qu'en pense le Jury...

"Cochinchine : non pas cette exotique terre d'Asie dont le nom peut faire rêver mais la danse traditionnelle d'origine danoise qui fait tournoyer les danseurs dans les festou-noz. Un garçon, deux filles ou deux filles, un garçon : qui mène le bal, au-delà des figures imposées et des apparences ? C'est sur cette trame que Loïc Le Guillouzer construit son roman et guide les pas de ses personnages.

Tout se passe à Yffiniac, près de Saint-Brieuc et à Scott Bar en Californie du Nord chez les Bretons et chez les Indiens Karuk. Pierrick Colé, écrivain populaire à succès mais en crise d'inspiration et en proie au doute, vit agréablement auprès de sa compagne Anjela, à la Noé d'en bas, belle propriété acquise jadis par son ancêtre, devenu Crazy Pierre, chercheur d'or en Californie du Nord au XIX e s, décédé là-bas et enterré dans la terre de ses amis Karuk. Pierrick, bien sûr, a déjà séjourné chez eux où il s'est fait de nombreux amis...

Octobre 2012 : Foire des Poulains à Plaintel. Pierrick Colé signe ses livres et participe au Fest-noz avec son groupe musical où il excelle à l'accordéon. Un appel pressant lui parvient de Californie. On a besoin de lui, de l'écrivain connu par la traduction de ses livres en américain : Yana, la présidente du Conseil de Tribu karuk vient d'être arrêtée pour meurtre. Pierrick part de suite aux USA, approuvé par Anjela.

Arrivé à Scott Bar, Pierrick est entraîné dans le rythme effréné des enquêtes et du fonctionnement de la justice à l'américaine. Très tôt, il mesure l'ambiguïté de la situation des Indiens, voire les formes de discrimination encourue par les Karuk. Il doit faire façe à l'incompréhension des Blancs américains : que vient faire en cette affaire, un Français ? Non, Pierrick le comprend très vite : pas un Français mais un Breton. Mais entre Anjela restée au pays et la belle indienne Sara en son pays, est-ce Pierrick qui mènera la danse ? Et puis, entre la Noé d'en bas et les paysages américains : quelle étrange coïncidence qui fait battre le coeur et tourner la tête, au rythme des musiques de l'être.

La force du roman de Loïc Le Guillouzer tient à la construction serrée d'une intrigue policière qui rejoint les questions politiques : égalité entre les citoyens certes, mais surtout minorité, identité qui nous renvoient à la culture en tant qu'expression profonde de l'individu, incarnation d'un peuple, d'une nation. Morvan Lebesque posait la question : « comment peut-on être Breton ? » Loïc Le Guillouzer replace l'interrogation dans son sens inversé : comment peut-on être français ou américain si l'on est aussi breton ou karuk ? Il ne s'agit ni de fracture ni de rejet mais d'exigence de reconnaissance, de dignité. L'écrivain pose de manière universelle la question de ce qu'on appelle « minorités », de leurs droits spécifiques, de leurs cultures et de leurs langues. Il rappelle aussi qu'il n'est pas de vraie culture sans ouverture à autrui. C'est ainsi que la belle histoire de Yana, de Sara, de Pierrick et d'Anjela, sans oublier Crazy Pierre, à travers des personnages attachants, nous ouvre à une réflexion très actuelle sur nous-mêmes. Roman universel et breton, Cochinchine mérite bien le Prix du roman de la Ville de Carhaix."

Yannick PELLETIER Membre du jury du Prix du Roman de la Ville de Carhaix.

1 La cochinchine, comme son nom ne l'indique pas, est une danse traditionnelle d'origine danoise. Très populaire en fest-noz également, elle se danse par groupes de trois (par exemple un garçon et deux filles, ou deux garçons et une fille). Le terme est utilisé ici en tant que métaphore en référence à des personnages tiraillés entre deux partenaires ou entre deux cultures.


Les lauréats du « Prix du roman de la ville de Carhaix » depuis 1999

1999 : Yvon INIZAN - Ailleurs exactement (Aigues-Vives, HB éditions)
2000 : Bernard GAREL - Mines flottantes (Ramsay)
2001 : Jacques JOSSE - Café Rousseau (La Digitale)
2002 : Soazig AARON - Le non de Klara (Maurice Nadeau)
2003 : Marie LE DRIAN - Ça ne peut plus durer (Julliard)
2004 : Cédric MORGAN - Le Bleu de la mer (Phébus)
2005 : Arnaud LE GOUËFFLEC - Basile et Massue (L'Escarbille)
2006 : Marie-Hélène BAHAIN - L'arbre au vent (Diabase)
2007 : Sylvain COHER - Fideicommis (Naïve Editions)
2008 : Françoise MOREAU - Jamais de la vie (Diabase)
2009 : Tanguy VIEL - Paris-Brest (Les éditions de Minuit)
2010 : Hervé JAOUEN - Ceux de Ker-Askol (Presses de la Cité)
2011 : Gaël BRUNET - Tous les trois (Editions du Rouergue)
2012 : Claire FOURIER - Les silences de la guerre (Editions Dialogues)
2013 : Fabienne JUHEL - Les oubliés de la lande (Editions Rouergue)
2014 : Julia KERNINON - Buvard (Editions Rouergue)
2015 : Loïc LE GUILLOUZER - Cochinchine (Editions Goater)
 

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