Ville de Carhaix

Statue du cheminot du Réseau breton

Monument du Panthéon des plus populaires des Bretons, la statue du Cheminot du Réseau breton, réalisée par l'artiste Annick Leroy, a été inaugurée le 29 novembre 2019, en présence notamment des descendants d'Ernest Brocher, cheminot choisi symboliquement pour représenter l'ensemble des cheminots du Réseau breton. 

Avec 426 km de lignes à écartement métrique, le Réseau breton fut l’un des plus importants réseaux ferroviaires secondaires de France. Sa construction date de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle pour desservir le centre de la Bretagne. Il est alors composé de cinq lignes déclarées d’intérêt général qui, à partir de Carhaix, relient les villes de Paimpol, Morlaix, Camaret-sur-Mer, Rosporden et La Brohinière. Dans un contexte de dépeuplement des campagnes et d’augmentation du trafic automobile, les lignes ferment en 1967, à l’exception de celles de Carhaix-Guingamp et Guingamp-Paimpol, qui sont converties à l’écartement standard.

Ce réseau contribue au développement économique des communes du centre de la Bretagne jusqu’alors isolées. Au cours de l’année 1946, le Réseau breton transporte ainsi au total 1 100 000 voyageurs et 360 000 tonnes de marchandises.
Il marque fortement la région et particulièrement la ville de Carhaix, coeur du réseau, où il fait vivre de nombreuses familles. Certains quartiers sont d’ailleurs composés essentiellement de cheminots : la rue du Maroc (nom donné en référence aux nombreux cheminots ayant fait leur service militaire chez les tirailleurs marocains) ou la rue des Chapeaux mous (surnom donné aux cadres et ingénieurs).
Certains joueurs du club de football de Carhaix, les Dernières Cartouches, recrutés assez loin, y ont des emplois réservés. C’est au sein de cette communauté ouvrière de cheminots que naît, en 1946, le premier bagad sous le nom de Paotred hent-houarn, « les gars du chemin de fer ».

Perché dans l’habitacle de cette locomotive Mallet de 1913, un bijou du patrimoine ferroviaire classé Monument Historique et restauré en 2017, le cheminot ici représenté, en accord avec sa famille et l’association Les Amis du Réseau breton, est Ernest Brocher, né en 1924 et disparu en 2008. Il symbolise les générations de cheminots carhaisiens.

Cette composition, qui évoque le rôle d’épicentre breton joué par cette gare aux cours des siècles derniers, vient également nous rappeller que Carhaix a toujours joué, et ce depuis l’époque de sa fondation romaine, un rôle de carrefour culturel et historique au cœur de la Bretagne.
 

Ernest Brocher, descendant d'une famille de cheminots :

Ernest Brocher naît à Montauban-de-Bretagne le 1er mars 1923.
La famille Brocher arrive à Carhaix dans les années 1930, le père d’Ernest étant cantonnier sur le Réseau, c’est-à-dire qu’il s’occupait de l’entretien des voies en circulant dans une draisine.
Le jeune Ernest passe son certificat d’étude à l’école du Boulevard de la République. Jeune homme, il apprend le métier de maréchal Ferrand dans la maison Le Braz à Carhaix, avant de rentrer aux chemins de fer.
Il fait partie du Réseau Breton de 1942 à 1973 et y connaît plusieurs vie. Il commence sa carrière comme auxiliaire en 1942, en qualité de forgeron aux ateliers de Carhaix.

Après sa démobilisation en 1945, il se marie à Agnès Huitorel, originaire de Carnoët, elle-même également fille de cantonnier. De cette union, naissent Monique en 1947, puis Martine en 1952.
En 1945, il réintègre son poste aux ateliers de Carhaix jusqu'en 1953 où il est nommé en qualité de chauffeur (de locomotive à vapeur). Il rentre dans le prestigieux service de la conduite. Un accident du travail survenu en 1955 contrecarre ses projets de devenir conducteur de route. Il assure alors les fonctions de conducteur de manœuvre en gare de Carhaix, avant de terminer sa carrière à l’atelier.
C'est l'un des rares agents à avoir connu une carrière d'abord de sédentaire, puis de roulant....A ce titre, il est représentatif des deux grandes corporations qui composaient le Réseau Breton : les "roulants" et les "sédentaires".

Il joue de la cornemuse au sein de la Kevrenn des cheminots. En tant que cheminot, il a l’avantage de ne pas payer le train et sillonne les scènes avec la kevrenn en Belgique, à Mulhouse, à Jersey…
Sous la houlette de Loulou Clech, les répétitions ont lieu dans un wagon derrière la gare et dans un bâtiment à l’autre bout de l’économat.
L’aventure dure 20 ans,  jusqu’au démantèlement du Réseau breton en 1967 et donc, de la kevrenn.

Dans les années 1960, Ernest Brocher construit sa maison lui-même, rue Pierre Sémard, tout en travaillant.

Ernest Brocher avait deux passions dans la vie : sa famille et sa seconde famille, le chemin de fer. Au début des années 1980, il se lance dans la réalisation de maquettes de locomotives dans son sous-sol. Son plaisir, c’était de se mettre à bricoler ses locomotives miniatures.

Il était si doué de ses mains, que Théodore Bosson venait le chercher régulièrement pour dépanner les machines dans les ateliers de confection de la Maison Bosson.

Ernest Brocher décède le 8 février 2008. 

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